Le Rétro-mobile de Villers-la-Ville ou comment joindre culture et oldtimers

Benoît Piette    2019-06-06 19:00:10   

Un site abbatial qui accueille des véhicules anciens, c’est peu commun. Joindre le passé historique majeur du Brabant avec une exposition d’oldtimers, de tracteurs, de motos et même d’attelages révèle toute l’audace des organisateurs.


Dans les tous les cas, il s’agit de notre passé et également de notre patrimoine qui d’une façon ou d’une autre doit être préservé, voire restauré…

Pour la petite histoire, ce monastère fut fondé en 1146 par Bernard de Clairvaux. Il appartenait donc à l’ordre des cisterciens et était l’une des premières "filiale" de la célèbre abbaye de Clairvaux située dans l’Aube en France.

C’est donc dans cet écrin particulièrement préservé qu’un peu plus de 1800 personnes se sont pressées ce dimanche 2 juin pour aller admirer ses reliques de notre passé commun. Par rapport à l’édition précédente, cela fait 20% de visiteurs en plus !

En cette journée ensoleillée, 92 voitures étaient exposées tandis que 43 ont réalisé le rallye touristique composé de deux boucles (2 h le matin et 1h30 l’après-midi). Ces parcours proposaient aux participants de découvrir le Pays de Villers.

N’oublions pas non plus les motos dont quelques demoiselles de Herstal...

Mais ce n’est pas tout : dans les véhicules motorisés, il fallait aussi compter sur près de 50 tracteurs agricoles dont le plus ancien, un Hart-Parr des années vingt.

La société Hart-Parr a été créée aux Etats-Unis par Charles W. Hart et Charles H. Parr . Elle fabriquait des moteurs à gaz en 1897 à Madison, dans le Wisconsin puis à Charles City, dans l’Iowa.

A partir de 1901, elle s’est lancée dans la construction de gros tracteurs dont le moteur était refroidi à l’huile.
En 1918, un nouveau tracteur avec moteur refroidi par eau et plus petit fut mis en production. Hart-Parr abandonnait ainsi l’idée selon laquelle pour avoir de la puissance, il fallait disposer d’une grosse machine souvent encombrante et donc difficile à manœuvrer.

En 1929, suite à une fusion, le nom de la société disparaît au profit de la New Oliver Farm Equipment Company.

Autre curiosité, ce Eicher ED 16/II de 1953 avec un diesel monocylindre à quatre temps refroidi par air développant 16 ch. Construit en Bavière, il disposait déjà de cinq vitesses.

Outre l’exposition statique des véhicules, diverses animations ont jalonné la journée. Des démonstrations de tracteurs ont été beaucoup appréciées : leur mise en route particulièrement fastidieuse a marqué les esprits des plus jeunes d’entre nous.

Certains tracteurs et plus particulièrement les Lanz Bulldog disposaient d’un démarrage appelé “à boule chaude”. Celui-ci consistait à chauffer préalablement une cloche incandescente où sont mélangés l’air et le carburant. L’augmentation de la température permet alors d’enflammer spontanément le mélange et conduit à la mise en marche de ce moteur monocylindrique. (Pour les férus de mécanique, voici son fonctionnement en détail)

Son démarrage s’effectue en lançant un volant situé sur le côté du tracteur. Ce mouvement compresse le piston et provoque l’explosion et ainsi le démarrage. Entièrement mécanique, ce moteur monocylindre horizontal à deux temps tombait rarement en panne et pouvait fonctionner avec n’importe quelle sorte de carburant.

Grâce à la présence de food-truck, il était possible de se restaurer et de passer toute la journée dans l’abbaye.

Au terme de cette journée, nous avons rencontré des organisateurs fourbus mais ravis de cette manifestation et prêts à retenter cette formule l’année prochaine.

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