Meeting Stefan Everts...

Dimitri Haulet    2011-09-18 19:44:05   


Dans la vie, parfois, un jour ne ressemble pas aux autres.
Peu importe votre âge, certaines personnes vous font ou vous ont fait rêver ! Et quand vous avez la chance de les rencontrer, c’est un pur bonheur et vous dites « Merci » pour ce beau cadeau.

Stefan Everts, « The Legend » comme beaucoup de gens le surnomment, , que dire de lui ? Il est, à mes yeux, le champion de tous les temps. Les chiffres parlent pour lui : 10 titres de Champion du Monde et 101 victoires en Grand prix !
Ce rendez-vous, je l’attendais et je le craignais aussi, un peu comme un enfant qui attend une surprise : mais sera-t-elle bonne ? Il est prévu sur le circuit de Genk vers 14H00.

Ponctuel, je vois arriver Stefan, relax, saluant les gens à droite, à gauche…. Un pas vers lui et il nous salue, papa et moi. La poignée de main est chaleureuse et le contact passe directement ! Quelques échanges rapides, il doit aller voir son « élève » rouler et nous nous reverrons plus tard.

De retour au stand KTM, il nous propose un endroit, près de Zolder, plus calme pour l’interview. Nous arrivons ainsi aux bureaux du Team KTM situés dans une petite rue tranquille, sans grande publicité. Un rapide tour du propriétaire et hop, dans le bureau de Stefan pour ce grand moment.

DH : Comment se passe ta reconversion depuis l’arrêt de ta carrière de pilote ?

SE : Je travaille pour KTM en MX2 avec un jeune pilote , je fais tous les Grand Prix , le planning d’hiver jusqu’ au début de saison. Je fais aussi des tests sur les nouveaux modèles.

DH : As-tu plus de temps libre qu’au cours de ta carrière de pilote ?

SE : Non, le team demande beaucoup de travail, j’organise aussi une « Charity Race » , ce qui me prend beaucoup de temps, il faut des nouvelles idées , trouver les gens qui peuvent venir rouler et cela se développe de plus en plus ! De plus depuis le premier janvier de cette année , une petite fille (Mylee) a rejoint notre fils ( Liam). Ma famille me prend aussi beaucoup de temps et elle est prioritaire pour moi !

Stefan Everts and friends !

Les 4 photos suivantes sont de Gino Maes, prises à l’occasion de cet événement. Merci à lui pour son aide et pour sa générosité.

Le site de Gino Maes.

DH : Depuis ton arrêt en compétition, j’ai l’impression que la couverture médiatique pour le motocross est moins importante. Toi qui es toujours dans le milieu, comment vois-tu cette situation ?

SE : La presse a peut être changé après mon arrêt mais les pilotes ne parlent pas beaucoup avec elle, ils manquent de communication ! Il est nécessaire de te vendre avec le produit de ton sponsor, c’est une relation d’échange.

DH : Tu es un des plus grands sportifs de tous les temps, tu as 10 titres de Champion du monde. Comment vis-tu ce statut ? Tu y penses souvent ?

SE : Pour moi, j’ai une belle carrière, j’ai eu des jours extraordinaires comme mes 3 victoires dans les 3 catégories sur le même jour…. Les gens me rappellent certaines courses : à cette course tu as fait ceci , l’autre tu as fait cela. Le cumul de ces témoignages me fait réaliser que j’ai marqué les gens, que je leur ai apporté de la joie et du plaisir. Toutes les courses que j’ai faites à Namur ont été spéciales pour moi, le circuit est extraordinaire. Le matin quand je prenais la voiture pour y aller, j’étais très excité, j’avais beaucoup d’envie.

DH : As-tu déjà pensé à faire un come-back comme Michael Schumacher ?

SE : Non, ce n’est pas raisonnable. Quand tu arrêtes, ta décision est prise, « it’s the end ».
Regarde Michael Schumacher, il a perdu de sa « superbe », il n’arrive plus à faire un podium. Je pense qu’il n’a peut-être pas trouvé une autre vie après la course.

DH : Même s’il est encore petit, penses-tu que l’on aura une troisième génération d’Everts en motocross ?

SE : Liam aime le motocross, il pense à la moto mais il est encore petit. Je ne sais pas s’il sera champion un jour. Je ne le pousse pas vers ce sport, comme mon papa ne l’a jamais fait avec moi.

DH : Quel est ton pire souvenir ?

SE : L’année avec la Husqvarna en 2000, la moto n’était pas bonne. Mais cela a changé mon état d’esprit, ma philosophie. C’était nécessaire, cette période négative, je l’ai transformée en positif pour la suite et je suis devenu plus fort.

DH : Quel est ton meilleur souvenir ?

SE : D’un point de vue sportif, quand je gagne mon dixième titre, ma victoire à Namur quand mon fils est né, mes 3 victoires le même jour ….mais je n’ai pas vraiment de meilleur souvenir, plutôt beaucoup de bons et de très bons !

DH : Tu viens depuis plusieurs années, au Superbiker de Mettet. Seras-tu présent cette année et comment abordes-tu cette course ?

SE : Je viendrai rouler en 2011 pour les 25 ans du Superbiker mais ce sera la dernière !! Je suis venu pour la première fois, en 1995 et le Super Motard n’était pas aussi développé. Rouler sur l’asphalte, c’est difficile, je ne suis pas trop à l’aise. C’est pour moi une course Fun ! Cette année, il y aura un peu plus de terre, ce qui est mieux pour moi.

DH : As-tu gardé des anciennes motos, casques, vêtements … ?

SE : J’ai toutes les motos avec lequelles j’ai gagné les titres, quelques casques, presque toutes les coupes, j’ai une pièce dans la maison avec tout ça.

DH : Tu roules encore beaucoup en motocross mais roules-tu aussi sur la route à moto ?

SE : Après l’hiver, je recommence à rouler en cross environ 2x/semaine. Par contre, je ne roule pas sur la route, je n’aime pas, je préfère le cross. Sur la route, je roule en voiture avec la musique, c’est plus fun, j’aime beaucoup la musique !

DH : Tu as déjà été copilote en rallye avec Freddy Loix, penses-tu passer derrière le volant un jour ?

SE : Rouler aux Boucles de Spa avec Freddy (Loix) c’était une belle expérience, je m’entends bien avec lui, on parle de tout, de la famille, du sport….j’aime la voiture mais ma vie, c’est la moto !

DH : A part le motocross, suis-tu à la TV ou sur place d’autres sports ?

SE : Rien en particulier, juste en hiver où je regarde le cyclocross.

DH : As-tu une idole dans le sport ?

SE : Johnny O’Mara, il a un style de pilotage très différent. Quand j’étais petit, j’ai eu un maillot de lui et je l’ai toujours à la maison. J’ai de l’admiration pour les sportifs qui se donnent au maximum.

Johnny O’Mara.

DH : Es-tu superstitieux ?

SE : Quand tu es jeune, tu as des habitudes, après ça passe… Quoique, j’ai gardé une habitude. Quand je monte sur la moto, c’est toujours la jambe droite qui passe au dessus de la moto !

DH : Quelle est ta couleur préférée ?

SE : Bleu

DH : Quelle est l’histoire de ton numéro « 72 » ?

SE : En 2000 , ce n’était pas une bonne saison sportive sur la Husqvarna . L’année suivante chez Yamaha, il me demande le numéro que je veux et je leur donne mon année de naissance (72). Je redeviens champion du monde et donc, je garde le numéro. Quand je suis devenu champion du monde, j’ai roulé avec le numéro 1. Il faut rouler avec mais mon numéro c’est le « 72 », c’est mieux !

DH : Quel est ton souhait, ton désir dans ta vie future ?

SE : Trouver le meilleur jeune pilote, amener le Team au Top, gagner le MX1 et MX2, et la dernière étape, gagner aux USA, c’est le Top !

DH : Quand tu regardes en arrière l’ensemble de ta carrière, changerais-tu certains choix ?

SE : Avant j’étais stressé, nerveux. Les 4 dernières années j’étais beaucoup plus relax, je ne pensais qu’à la course : moi, la moto et le circuit.
La dernière année, je me suis préparé seul sans entraîneur. Footing, vélo et natation pendant 1 mois et demi avant le début de saison, juste pour la base physique et tout a bien été.

DH : Combien d’opérations et fractures as-tu eu suite à des chutes à moto ?

SE : Au moins 10 opérations : le bras, genoux avec le ménisque et les ligaments croisés. Et au moins 10 fractures. Il faut une très bonne condition physique pour vite guérir et revenir au Top.

J’ai passé plus d’une heure avec quelqu’un de très gentil, simple, ouvert et chaleureux !
Dans la vie chacun essaye de réaliser ses envies, de rencontrer les gens admirés. Mais la crainte existe de parfois trouver un coté obscur qui ternit l’image et qui brise le mythe. Ce n’est pas le cas avec Stefan. Il est un grand homme, simple et généreux, offrant son temps sans jamais regarder sa montre, expliquant clairement son ressenti. Son grand cœur, il le prouve aussi en organisant depuis 3 ans le 21 juillet, une course de charité dont les bénéfices sont versés à des associations œuvrant en faveur des enfants handicapés !
Rendez-vous est pris pour 2012 !

Maintenant, je suis toujours Fan du pilote mais en plus, j’apprécie le grand homme qui se cache derrière le pilote !

Merci Stefan !

Dimitri Haulet.

Vos commentaires

  • Le 21 septembre 2011 à 08:42 En réponse à : Meeting Stefan Everts...

    moi je dis bravo !!!!

  • Le 21 septembre 2011 à 09:45 En réponse à : Meeting Stefan Everts...

    Très beau reportage qui permet de découvrir l’autre face d’un champion, un homme à part entière et entièrement à part..

    ps ; Dimitri, les initiales DH ça fait un peu journaleux du journal populiste ;o)

  • Le 21 septembre 2011 à 10:39, par Dimitri En réponse à : Meeting Stefan Everts...

    Merci pour les commentaires !
    Pour les initiales , je vais passer à DHA ce sera plus neutre :-))

  • Le 21 septembre 2011 à 20:55, par Ren En réponse à : Meeting Stefan Everts...

    Super reportage qui nous permet de redécouvrir l’un de nos plus grands sportifs belges et de découvrir -chose plus rare- un homme pétri de qualités. Merci pour ce bon moment, Dimitri ! :-)

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