Edmond Pery, l’Amilcar et la première aventure automobile.

Dimitri Haulet, Philippe Haulet    2021-08-23 14:52:48   

Une vie d’aventures et de passion pour l’automobile. (PART-2)


Souvenez-vous, dans notre premier article nous avons parlé de cette voiture qu’Edmond Péry récupère en échange d’un vélomoteur qu’il a totalement restauré et réparé. Cette AMILCAR CGS de 1928 est en ordre de marche mais transformée en camionnette... Edmond, 16 ans, la verrait bien en petit cabriolet sportif !

L’Amilcar et la première aventure automobile.

L’Amilcar arrive péniblement chez moi. Derrière la maison il y a une cour et un petit appentis, sans accès direct... pourtant l’endroit serait bien pour travailler sur l’auto.
La voiture est démontée et chaque pièce traverse la maison par le corridor. Pour l’élément le plus lourd, le moteur, je dispose d’un petit chariot à quatre roues. Ce chariot m’a servi pendant la guerre à transporter du charbon. Après la chute d’un V2 à 300 m de chez nous, je comprends que le charbon est à fleur de sol et je le ramasse pour le vendre à mes voisins grâce au chariot.

Comme pour le vélo et le vélomoteur, tout est démonté et remis en état. Je possède un châssis roulant sans carrosserie. Les pédales sont placées à droite. (l’Amilcar étant une voiture de courses, conduite à droite).

Cette position ne me plaît pas. Pour changer le pédalier de place et par facilité, j’utilise l’arbre de commandes de l’embrayage qui est sur le carter de la boîte de vitesses, côté droit sur la conduite à droite.

Pour la disposition des pédales, l’embrayage est donc au pied droit, l’accélérateur et la pédale de frein à gauche. Comme je n’ai aucune expérience de la conduite, c’est bien ainsi !!


Après deux ans de travail dans la cour, la voiture prend forme. Je termine la nouvelle carrosserie ’ponton’.

Je vais avoir 18 ans, il est donc temps de terminer et de sortir la voiture de la cour. Pour ce faire, il faut de nouveau la démonter et passer toutes les pièces dont le châssis à la verticale, par le corridor.

Mes amis et moi nous nous retrouvons sur la rue avec la voiture. Quelques détails à régler, placer la batterie et la voiture démarre. Nous faisons nos
premiers essais sans la rue.


Nous sommes au mois de juin et c’est bientôt les vacances.
Nous décidons deux choses. La première, peindre la voiture en couleur jaune au pinceau, l’intérieur étant en simili rouge. La seconde, partir en voyage avec elle à trois, deux amis et moi !

La couleur est à peine séchée que nous apportons déjà nos bagages de camping. Le grand jour arrive et nous partons vers La Panne.
À cette époque, il n’y a pas d’autoroute. On traverse Saint-Trond, Tirlemont. A Louvain, des motards nous arrêtent... Ils parlent mal le français mais ils nous font comprendre que cette voiture est une ‘deux places’ et pas une ‘trois places’. Un de nous trois est en trop !

Roger reste près des gendarmes, après avoir décidé de nous retrouver à Koekelberg, au départ de la route qui va à la mer. Et Roger nous y attend car il a la chance de trouver une voiture plus rapide que la nôtre.
Roger grimpe dans l’Amilcar qui monte sur l’autoroute : deux bandes de béton dans chaque sens séparées par un terre-plein.

Après quelques kilomètres, une roue nous dépasse... Quelle surprise !!! Il s’agit de NOTRE roue arrière gauche. Il y a très peu de trafic et nous avons la chance de retrouver l’écrou de roue et la cale.
Le travail de remontage est facile avec notre outillage et nous arrivons bien vite à Ostende.

Pour les deux amis, c’est la première fois qu’ils voient la mer. Nous partons vers La Panne et son camping.
Nous nous présentons à la réception du camping et, sachant que l’Amilcar n’a pas de différentiel, nous partons dans les dunes jusqu’à notre emplacement, au grand étonnement du propriétaire.

Après 6 heures de voyage, nous sommes heureux d’être au bord de la mer.
Nous passons ainsi six jours de vacances avec notre Amilcar qui nous conduit n’importe où.

Au camping, nous avons des jolies voisines, ce qui nous oblige à parler quelques mots de flamand. Le reste vient tout seul…

Le voyage de retour s’effectue sans problème.

A suivre : Les débuts dans le monde du travail.

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Part 1 : Edmond Pery, mon enfance dans le quartier du Laveu

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