Rallye du Condroz 2021, et de trois pour Stéphane Lefebvre

Jean-Marie GRAINDORGE    2021-11-12 14:40:46   

Un temps "de Condroz" avait rendu les routes plutôt "délicates" pour l’avant dernière manche du championnat de Belgique, ce qui n’a pas empêché les protagonistes de se battre à coup de secondes, de dixièmes même !!


La ville de Huy avait revêtu son habit de fête pour accueillir les équipages qui allaient en découdre tout au long de ce premier week-end de novembre.

Après une semaine intense de tests et essais divers, les montures sont au point et les équipes motivées comme jamais.

Le shakedown du vendredi donne le ton. Sur des routes piégeuses à souhaits, quelques pirouettes et autres glissades laissent penser que l’on va vivre un "vrai Condroz".

Le plateau de cette 47ème édition, vu les circonstances déjà maintes fois évoquées ces derniers mois, fait plutôt belle figure. En effet, en plus de tous les pilotes belges habitués des chemins boueux hutois, le français Stéphane Lefebvre était venu tenté de remporter l’épreuve une troisième fois de rang.

Place donc au spectacle, à la glisse, mais surtout à la lutte sans merci pour le titre de champion de Belgique 2021.
Le premier chrono (Engis) de cette édition donne directement une idée de l’intensité de la bagarre pour la victoire. Et c’est Ghislain de Mévius (Sköda Fabia) qui dégaine en premier, 0.8 sec sur Stéphane Lefebvre (Citroën C3), 0.9 sec sur Grégoire Munster (Hyundai i20), 1.3 sur Adrian Fernémont (Sköda Fabia), Cédric De Cecco (Citroën C3) clôture le top 5 a 3.9 sec.

Dans la spéciale suivante (Villers le Temple) c’est Munster qui s’impose cette fois pour 0.1 sec sur Lefebvre et 0.2 sec sur de Mévius. Les débats sont bien lancés et les écarts seront du même acabit tout au long de la première boucle, seule différence : c’est Stéphane Lefebvre qui réalisera les 4 autres scratchs de la boucle, se qui lui donne une avance de 6.9 sec sur Adrian Fernémont, 8 sec sur Gregoire Munster, Ghislain de Mévius, parti à la faute dans le dernier virage de Villers le Bouillet est 4ème à 13.8 sec, Cédric De Cecco est 5ème a 27.3 sec, Vincent Verschueren suit à la 6ème place à 28.9 sec, Cedric Cherain, qui a fait un mauvais choix de pneus, se retrouve 7ème à 44 sec devant Sébastien Bedoret (pas en confiance) à 54.4 sec, PJM Cracco à 1.00,9 min, Kris Princen clôture la top 10 a 1.04,2 min.

Lors de la seconde boucle Cédric Cherain rappelle à ceux qui l’aurait oublié, qu’il a une solide pointe de vitesse en signant 2 scratchs dans Engis et Ben-Ahin, Adrian Fernémont devançant la meute à Villers le Temple, Stéphane Lefebvre l’imitant dans Villers le Bouillet. Les écarts entre les 5 premiers de chaque spéciale ne dépassant pas les 9 sec.

La bataille est somptueuse, mais malheureusement, une (mauvaise) partie du public décidera de ne pas respecter les injonctions, ni des commissaires, ni de la police. Ce qui entrainera l’annulation pure et simple des deux derniers chronos (l’ES de Ben-Ahin ayant été interrompue après une quinzaine de concurrents).
Une bien triste fin de journée, qui privera les équipages de parcourir ces étapes nocturnes alors que cela fait partie intégrante du charme du Condroz , dommage au vu des efforts (financiers surtout) fournis par une majorité pour pouvoir s’engager a "leur Condroz" :-(

Ce qui nous donne donc au Général ce samedi soir : Stéphane Lefebvre en tête avec 8.4 sec d’avance sur Adrian Fernémont, 8.5 sur Grégoire Munster, 16.1 sur Ghislain de Mévius, 36.8 sur Vincent Verschueren, 49.9 sur Cédric Cherain, 1.03,3 sur Cédric De Ceco (lui aussi victime du fameux dernier droite de Villers le Bouillet) 1.22,1 sur Sébastien Bedoret, 1.45,8 sur Kris Princen et 1.57,4 sur PJM Cracco qui clôture le top 10.

La pluie annoncée pour ce second acte sera plutôt éparse qu’abondante, ce qui ne modifiera que très peu le profil des 6 chronos dominicaux réservés aux équipages encore en course.
C’est Adrian Fernémont qui ouvre les hostilités à Ramelot, il devance de 1.4 sec de Mévius et Cherain de 1.8 sec.
Dans la spéciale suivante (Marchin-Perwez) Ghislain de Mévius gère bien les 18km pour s’adjuger le scratch devant Lefebvre a 2.6 sec, Fernémont (un peu trop prudent) à 6.1 sec et surout 8.4 sec devant Munster (pas trop à l’aise sous la pluie), ce qui le fait remonter sur le podium provisoire, la lutte est serrée entre les protagonistes du championnat que se tiennent en un peu plus de 5 sec.

Adrian signe le scratch dans Amay-Verlaine, Munster dans le second passage à Ramelot tandis que Fernémont et Lefebvre signent, à égalité, le scratch lors du second passage dans Marchin-Perwez, ce qui donne avant la dernière spéciale de Amay-Verlaine (power stage), en tête, Stéphane Lefebvre avec 8.1 sec sur Adrian Fernémont, 13.2 sur Ghislain de Mévius, 13.7 sur Grégoire Munster, 1.00,2 sur Vincent Verchueren, débarassé de la menace de Cédric Cherain sorti dans Marchin avec qui il se battait pour le top 5.

Le dernier Chrono donnant des points pour le championnat (power stage) est donc d’une grande importance pour les candidats au titre, et c’est Ghislain de Mévius qui clôture son rallye par un scratch 1.6 sec devant Grégoire Munster et 1.8 devant Adrian Fernémont.
Au final, c’est Stéphane Lefebvre qui l’emporte pour la troisième fois consécutive devant Adrian Fernémont, premier belge, content de ce résultat pour le championnat, "J’ai réduis de moitié l’écart avec Lefebvre par rapport a 2019, mais ce résultat est tout bon dans l’optique du titre", la troisième marche du podium est occupée par Ghislain de Mévius, bien revenu après sa pirouette de samedi.

Grégoire Munster échoue donc au pied du podium pour 2.1 sec. Au cinquième rang Vincent Vershueren se disait content d’être à l’arrivée de ce "vrai Condroz", un Condroz qu’il adore sincèrement, sixième et auteur d’une jolie prestation Cédric De Cecco était lui aussi satisfait de son week-end hutois, septième, Sébastien Bedoret est, quand a lui, un peu déçu, surtout de la journée de samedi ou il n’a jamais été en confiance. huitième, Kris Princen satisfait pour son retour sur une Sköda, malheureusement il m’a annoncé qu’il serait absent à Spa et que pour 2022 il ne s’alignerait pas pour le championnat, il fera l’un ou l’autre rallye, mais pas le championnat. Neuvième P.J.M. Cracco était lui aussi très satisfait de voir l’arrivée, vu les conditions dantesques et son manque de rythme, il sera lui aussi absent à Spa pour raison professionnelles. Xavier Bouche clôture le top 10 "C’est un bon résultat, avec le peu de roulage à ce niveau et une Polo qui est une bonne auto, mais pas forcément l’arme absolue dans ces conditions. Toutefois, il faut dire aussi que devant ça va très très vite, donc dixième c’est un bon résultat".

A signaler, la superbe seizième place et premier GT de Romain Delhez sur la Porsche 997 GT3.

Les belles prestations de Jean-Fred Collignon, Sébastien Incardona, Cédric Verhees pour leur première avec une monture de pointe, Bravo enfin aux plus routiniers, Etienne Monfort, Manu Gonay, John Wartique, Maxime Potty...

Ce Condroz était aussi le théatre de la Stellantis Cup . Et c’est Gino Bux (Peugeot 208 Rally 4) qui s’impose devant Charles Munster (Opel Corsa Rally 4) et Thibaut Mazuin (Peugeot 208 Rally 4), la lutte finale se déroulera donc au Spa Rally ou les deux protagonistes évolueront à domicile, affaire a suivre...

Le Trophée Clio Belgique faisait, lui aussi, escale en bord de Meuse. C’est Gilles Pyck qui s’impose devant Tom Rensonnet et Benoit Verlinde.

En "Histo" c’est Bjorn Syx et la mélodieuse BMW M3 E30 qui s’impose devant Frédéric François et sa belle Ford Escort MK II, Patrick Deblauwe complétant le podium.

Félicitations également à tous les "petits équipages" déjà d’être au départ de ce monument et plus encore d’être à l’arrivée du dimanche, un grand bravo a toutes et tous.

Pour terminer, mon coup de coeur (et celui de beaucoup de fans) le prix "honorifique" du spectacle pour P.J. Maeyaert et sa Ford Escort MK II (Millington), un régal pour les yeux et les oreilles.

Et maintenant, focus sur le Spa Rally de ces 4 et 5 décembre pour la finale du championnat, le spectacle et le suspens risquent d’être intense, cardiaques attention, en espérant que tout se joue à la régulière jusqu’au dernier centimètre.
Et pour ce qui est du Condroz, merci au Motor Club de Huy et vite en 2022.

Ci-dessous, un lien vidéo pour notre résumé en images.

Texte : Graindorge Jean Marie
Photos : Jacques Guisset - Michaël Deculenaire - Bruno Cornet

http://www.condrozrally.be/

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