Spa-Classic célèbre sa 10ème édition

Benoît Piette    2022-05-26 17:43:46   

Décidément, le confinement de 2021 est vraiment très loin : c'est plus de 20.000 de spectateurs qui s'y sont rendus à cette dixième édition pour admirer les 380 voitures de course historiques venues pour en découdre sur le plus beau tracé du monde !


À en voir le nombre de spectateurs qui s'y sont rendus à Francorchamps ce week-end, la dixième édition de Spa-Classic était plus qu’attendue.

Les 24 Heures du Mans ont Le Mans Classic et les 24 Heures de Spa ont Spa-Classic.
Longtemps, les deux épreuves d’endurance se sont distinguées l’une de l’autre par des approches philosophiques différentes, la première faisant la part belle aux sports-prototypes, quand la seconde se destinait uniquement aux voitures de tourisme.

Les deux courses d’Heritage Touring Cup, l’une disputée de jour et l’autre de nuit le samedi soir, rendent hommage à cette spécificité noir, jaune, rouge.
En piste, on retrouvera des berlines et des coupés ayant disputé l’épreuve entre 1966 et 1984... On aura ainsi retrouvé des Alfa Romeo 1750 GTAM, BMW 3.0 CSL, Chevrolet Camaro, Ford Capri, Jaguar XJS etc...

Pas moins de neuf plateaux

En vedette cette année encore l’Heritage Touring Cup qui a constitué un des temps forts du week-end.
Au total il y a eu neuf plateaux regroupant 380 voitures de course historiques dont certaines exceptionnelles. 
Citons entre autres, Aston Martin DBR9, Bentley Speed 8, BMW M3 GTR ou encore Dallara SP1, Ford GT et Porsche 917...

2.0L Cup 

Réservée aux Porsche 911 2 litres châssis court conformes au règlement FIA pré-1966.

© Fotorissima

Ce plateau a été créé avec les Britanniques Lee Maxted-Page et James Turner (Sports Purpose). Ici ce qui fait la différence, ce n’est pas réellement la voiture – car tout le monde joue à armes égales – mais le pilote. La 911 châssis court est une voiture qui se conduit avec l’ensemble du corps. Il s’agit d’une propulsion à moteur flat-6 en porte à faux arrière. En conséquence, la direction à haute vitesse est légère et il vaut mieux rester concentré.

Classic Endurance Racing 1 & 2 (CER1 et CER2)

Ces deux courses se font l’écho d’une des périodes les plus mythique de l’histoire du Championnat du monde d’Endurance. Les saisons de course qui culminaient bien entendu aux 24 Heures du Mans voyaient les légendaires Ford GT40 affronter Ferrari 330 P4, puis Porsche 917 affronter Ferrari 512. C’est la grande époque des Sports Proto de 1966 à 1971, catégorie qui couvraient plus de la moitié des grilles de départ. En GT, on retrouvera les batailles que se livraient les Porsche 911 RSR et les diverses Ferrari Daytona Gr. IV et Chevrolet Corvette C3 au tournant des années ’70.

© Fotorissima

Avec des grilles atteignants régulièrement les 50 voitures, le CER 1 représente une belle rétrospective d’une époque où l’Endurance régnait sur le sport automobile !
Avec des grilles de départ complètes – autour de 50 voitures parmi lesquelles Porsche 935, BMW M1, Lola T70, Ferrari 512 BBLM – et des pilotes décidés à faire honneur au glorieux passé de leurs montures, le spectacle est total ! Le succès du CER a conduit à séparer le plateau en deux : CER 1 et CER 2.

© Fotorissima

Depuis 2004, Classic Endurance Racing se fait l’écho d’une période – 1966 à 1981 – où les courses d’endurance régnaient sur le sport automobile. Glorieuse époque des Ford GT40, Porsche 910, Ferrari 512… et de leurs pilotes d’alors : Jacky Ickx, Henri Pescarolo, Gérard Larrousse… dont le terrain de jeux ne se limitait pas aux extraordinaires 24 Heures du Mans, mais s’étendait aux plus grands circuits européens dans le cadre du Championnat du Monde des Voitures de Sport. Classic Endurance Racing est bien plus qu’une simple commémoration historique.

Heritage Touring Cup (HTC)

L’Heritage Touring Cup a rapidement remporté du succès auprès des propriétaires et pilotes de ces berlines qui animèrent la grande époque du Championnat d’Europe de Tourisme (ETCC) entre 1966 à 1984 et dont le point d’orgue de la saison était constitué par les 24 Heures de Spa-Francorchamps, terrain de jeu favori de la plupart des constructeurs et des pilotes parmi les plus illustres.

© Fotorissima

Cette longue période dédiée au Tourisme fut l’occasion pour nombre de constructeurs d’aligner et d’imposer leurs modèles les plus emblématiques.
Parmi les plus fidèles, BMW engagea durant trois décennies toute une lignée de modèles : de la 1800 Ti dans les années 60 à la célèbre M3 dans les années 90. Détentrices du record de victoires (21) aux 24 Heures de Spa-Francorchamps, les berlines munichoises eurent de nombreuses rivales au cours de leur règne et s’inclinèrent parfois face à des Alfa Romeo GTA et GTV, Mercedes 300 SE, Ford Mustang et Capri RS, Mazda RX-7, Jaguar XJS…

Endurance Racing Legends (ERL)

C’est en Endurance Racing Legends (ERL) que l’on retrouve les automobiles les plus modernes de ces évènements « circuits ». Ce plateau regroupe des voitures particulièrement appréciées des jeunes spectateurs : les GT et les prototypes des années 1990 et 2000.

© Fotorissima

La série s’adresse avant tout à des pilotes amateurs voulant se faire plaisir au volant des modèles exceptionnels que sont les Ferrari F40 LM, McLaren F1 GTR, Porsche 911 GT1, Toyota GT-One, Chrysler Viper GTS-R, Audi R8 LMP ou encore Bentley Speed 8. La montée en puissance du Endurance Racing Legends représente un véritable clin d’œil pour Peter Auto, l’organisateur ayant largement contribué à l’histoire de ces voitures sur les circuits, tant dans les années 1990 avec le BPR (Barth-Peter-Ratel) que dans les années 2000 avec les Le Mans Series.

Group C Racing

En vigueur de 1982 à 1993, le règlement du Group C a engendré des voitures légendaires qui ont écrit quelques-unes des plus belles pages des 24 Heures du Mans et du Championnat du Monde d’Endurance.

© PhotoClassicRacing

D’abord dominée par les Porsche 956 – malgré la résistance valeureuse des Lancia LC2 – la compétition s’est progressivement renforcée pour atteindre des sommets avec la montée en puissance des Jaguar, Mercedes, Toyota, Nissan et Mazda. Aux côtés de ces grands constructeurs, les « artisans » comme Cougar, Dome, Rondeau, Spice ou WM pouvaient encore s’illustrer grâce à une interprétation habile du règlement basé essentiellement sur une limitation stricte de la consommation en carburant. Abandonnée au début des années 90 après une période de cohabitation avec les Sport 3.5 (Peugeot 905, Jaguar XJR-14, Toyota TS010, etc.), l’ère des Group C reste considérée comme le véritable Age d’or de l’Endurance pour la plupart des spécialistes de la discipline.

Fifties’ Legends

Le Fifties’ Legends s’adresse aux voitures des années 1950 et tout début des années 1960. C’est dans cette série que l’on retrouve les plus anciennes voitures des évènements « circuits » de Peter Auto.

© Fotorissima

Le plateau rend hommage au championnat du monde des marques qui vit le jour en 1953 pour confronter les voitures dites de « sport » et, un peu plus tard, de « grand tourisme ». Répondant au besoin latent de l’industrie comme de l’artisanat, cette compétition révéla ou confirma ses spécialistes dans le même temps où de nombreux constructeurs, quels que soient leurs moyens ou leurs ambitions, trouvaient là matière à leur épanouissement : AC, Alfa Romeo, Austin Healey, Chevrolet, DB, Jaguar, Lotus, MG, Morgan, Porsche, Triumph, TVR…

© Fotorissima

Sont admises les voitures des classes GT & GTS, homologuées et inscrites en course internationale ou nationale significative avant le 1er janvier 1962 (Période E) ainsi qu’à certaines voitures des classes TC, TSRC Période E et GTS Période F.

Sixties’ Endurance

Le Sixties’ Endurance, proposé aux Sports pré-63 et aux GT pré-66, est une superbe occasion d’admirer en piste les icônes du championnat du monde de l’époque…

© Fotorissima

Réels temps fort de l’endurance, ces courses de deux heures mélangent une très grande diversité de voitures (Jaguar Type E, Ferrari 250 GT, Porsche 911) tant dans les périodes, 1950 à 1965, que pour les cylindrées. Particularité de l'organisateur (Peter Auto), un classement à l’indice de performance en plus du traditionnel classement Scratch qui avantage les petites cylindrées et les voitures les plus anciennes face à leurs concurrentes plus puissantes et plus récentes.

The Greatest’s Trophy

Le Greatest’s Trophy (anciennement Trofeo Nastro Rosso) est ouvert aux voitures d’exception qui ont marqué les grandes épreuves d’endurance des années 50 et 60.

© Fotorissima

Le respect et le fair-play étant les maîtres mots de ces gentlemen drivers participant au Greatest’s Trophy, ce dernier offre une occasion rare de revoir en piste des icônes de l’âge d’or des plus grandes marques : Maseratis 300s, Ferrari 250 GT Berlinetta, Alfa Romeo TZ, Aston Martin DB4 GTs, Mercedes-Benz 300 SLs, Porsche 550s…
En effet, des voitures produites en nombre limité et qui ont vu leur valeur augmenter au cours des dernières décennies.

Treize courses se sont déroulées ce week-end : six le samedi dont une nocturne et sept le dimanche.

© PhotoClassicRacing

Elles ont pu être appréciées dans la nouvelle tribune du Raidillon de l’Eau Rouge.
Cette dernière donne une vue imprenable et dégagée depuis la Source jusqu’au sommet du Raidillon. Elle leur a permis de suivre au plus près les treize courses de jour et de nuit qui se sont déroulées tout au long du week-end. En voici les résultats 

Le Spa Classic, c'est aussi un village automobile

Souvent désigné comme le « plus beau circuit du monde », Spa-Francorchamps pourrait aussi être qualifié de « paradis des photographes ». Rares sont les tracés offrant aux spectateurs la possibilité d’effectuer un tour complet sans perdre la piste de vue. L’épingle de la Source, le Raidillon de l’Eau Rouge, le « S » des Combes, le virage de Malmédy, le double gauche de Pouhon ou encore la courbe de Blanchimont sont autant de spots spectaculaires.

© Fotorissima

Cependant, le spectacle n’était pas uniquement sur le circuit, mais également dans le village où 800 voitures de clubs étaient exposées, dont le club Lotus Italia et le Lotus Club Holland qui réunissaient ensemble près de 60 voitures de la marque à l’occasion du septantième anniversaire de sa création par Colin Chapman (1952).

Dans une ambiance festive, sous le beau soleil de l'Ardenne, petits et grands ont pu profiter des nombreuses animations proposées : tatouage éphémère, barbier, pêche aux canards, photocall ou encore popcorn et barbe à papa…

© Reynaud Guillaume

Les amateurs de shopping ont pu découvrir plusieurs stands d'exposants d'automania comme B.R.M Chronographes avec sa montre spéciale Spa-Classic en édition limitée, ou encore des accessoires, des livres ou des voitures miniatures...

Vos commentaires

  • Le 22 juin à 09:56, par Jean-Pol MOLLE En réponse à : Spa-Classic célèbre sa 10ème édition

    Fervent amateur d’autos 1960-2000 et ayant participé à pas mal de rassemblement ou rallyes historic ( 11x à votre regretté légendes )je suis toujours attentif et admiratif devant la qualité croissante de vos articles et reportages. Continuez !!

  • Le 23 juin à 10:35, par Bob d’Automag En réponse à : Spa-Classic célèbre sa 10ème édition

    MERCI Jean-Pol !! Cela fait toujours plaisir de savoir que nous avons des lecteurs assidus :-)

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