Edmond Pery, Piedboeuf - 1953. #5

Dimitri Haulet, Philippe Haulet    2021-11-16 10:54:18   

Une vie d’aventures et de passion pour l’automobile. (PART-5)


Les 21 mois des service militaire sont terminés.

Je retourne à la vie civile et à l’atelier central de l’Espérance-Longdoz. Je recommence mon travail qui consiste à estimer les temps sur tous les travaux mécaniques et de soudure.

Quelques mois plus tard, M. Delacroix me signale que dans le bureau où je suis, il n’y a pas beaucoup d’avenir pour moi et me propose deux solutions. La première : changer de département et travailler au four à coke, la seconde : continuer mes études aux USA.

A 22 ans, je connais ma future épouse et je renonce par amour à partir aux USA. Je suis donc dirigé vers le four à coke ! M. Strivay, directeur de ce département, ne me reçoit pas amicalement. Il a entendu que je sais tout faire ! A sa question « Pouvez-vous souder ces tuyaux ? », je réponds « Oui ».
Méchamment, il me dit qu’avant de passer au bureau de dessin, je deviendrai manoeuvre-tuyauteur-soudeur pour une vingtaine de personnes. Je suis incorporé à une équipe de jeunes Italiens fraîchement émigrés qui ne parlent que leur langue. Je m’adapte difficilement.
Quelques mois plus tard, après plusieurs désaccords techniques avec le directeur M. Strivay, je décide de quitter l’Espérance-Longdoz.

Une société très connue à Jupille !

Je scrute les annonces d’un journal local et remarque celle qui recherche un jeune élément capable de réaliser la construction de camions, de remorques de camions, de matériel de café, de menuiseries, d’enseignes lumineuses, la plomberie, en bref, TOUT !!

Je me présente à cette société très connue à Jupille, la brasserie Piedboeuf. Je vais au bureau de recrutement et la première chose demandée, c’est la feuille de salaire de l’employeur précédent, chez qui j’ai été très bien payé. En la consultant, l’employé du bureau de recrutement appelle le directeur-général de la brasserie.
Ce monsieur me demande de diminuer mes prétentions, ce que je refuse. « Pouvez-vous diriger un atelier de 50 personnes ? ». Je réponds par l’affirmative et la semaine suivante, j’occupe mon nouveau poste de travail.

Annie Cordy donne le départ d’une nouvelle flotte de camions Piedboeuf (1945)

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Je sollicite une faveur : pouvoir travailler un mois comme ouvrier pour connaître le personnel et lui montrer ce que je fais avec mes deux mains. Cette demande est accordée et je démarre comme tôlier-soudeur dans la construction de remorque et de cabine de camion. Je fournis le même travail que chez Espérance-Longdoz, évaluer le temps pour les travaux.

J’ai 24 ans et il m’est très difficile de gérer du personnel plus âgé que moi. De plus, mes initiatives ne plaisent pas au directeur-général de la brasserie, M. Vandamme. Il m’appelle dans son bureau et résume la situation. « M. Pery, vous avez fait un bon travail à l’atelier de carrosserie et je désire maintenant vous changer de service. Vous irez à l’embouteillage. »

Le bruit y est infernal et je refuse cette proposition. Il me demande de répéter. Je refuse à nouveau et il me dit : « C’est votre dernière chance ou j’appelle le bureau de la comptabilité et je vous licencie immédiatement. »

Quelques minutes plus tard, arrive le directeur du personnel et devant le directeur-général, je reçois trois mois de salaire et les congés payés.

Immédiatement, j’enlève mon tablier blanc. Je vais dire ‘Au revoir’ au personnel de l’atelier et je quitte la brasserie avec une indemnité importante.

A suivre : Rue du Laveu et enseignement.

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Part 1 : Edmond Pery, mon enfance dans le quartier du Laveu
Part 2 : Edmond Pery, l’Amilcar et la première aventure automobile
Part 3 : Edmond Pery, les débuts dans le monde du travail
Part 4 : Edmond Pery, le service militaire

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